Afin d'éviter la faillite qui se profile sous peu pour l'Arrco et l'Agirc, syndicats et patronat se sont réunis sur le thème d'un changement des règles de fonctionnement.
Pour le Medef,la solution résiderait dans l'augmentation d'un trimestre par an l'âge à partir duquel la pension Agirc-Arrco pourrait être liquidée sans décote (aujourd'hui il est de 60 ans). Eu égard au contexte économique et financier actuel, cette mesure s'appliquerait à compter de 2011 seulement pour atteindre 61 ans en 2014. Seraient toutefois exclus de cette modalité les salariés handicapés et les "carrières longues", dont l'âge minimum exigé serait maintenu à 60 ans. Selon le Medef, l'économie ainsi réalisée approcherait 1 milliard d'euros par an (à mettre en perspective aux 4 milliards de déficits escomptés vers 2015).
En contrepartie, et malgré une grande réticence initiale, le Medef accepterait qu'une augmentation des cotisations de 0,1 point soit appliquée ; la CGC et FO seraient même d'accord pour une participation plus élevée des salariés à 0,9 points. Ce relèvement procurerait 6 milliards l'an. A noter également que le rendement de l'Agirc et de l'Arrco cesserait son recul dès 2011.
Pour les syndicats,l'âge de la retraite à 60 ans doit rester la référence. Procéder à l'allongement préconisé par le patronat défavoriserait les salariés ayant débuté leur activité professionnelle jeunes et arrivant à 60 ans avec tous leurs trimestres, et aboutirait, au final, à calquer le régime de base sur ces 61 ans, créant de ce fait toujours davantage de disparités entre privé et fonctionnaires/régimes spéciaux.
Soulignons enfin que sous peine de disparition, l'organisme qui finance les retraites complémentaires entre 60 et 65 ans - l'AGFF - nécessite un accord pour reconduction. Les parties semblent toutefois encore aujourd'hui bien loin d'un terrain d'entente....