Depuis plusieurs années, cadres et professions libérales ont choisi d'épargner afin d'assurer leur future retraite. Ils ont donc placé leur épargne sur des supports tels que l'assurance-vie, un contrat Madelin, un PERP, un Perco, un PEP, un PEE ou un PEA. Or, la crise économico-financière a lieu. Quelles en seront les conséquences pour les épargnants ?
Il semblerait que la tranche de la population la plus touchée soit constituée d'indépendants et de professions libérales.En effet, pour assurer leur retraite et combler des couvertures sociales faibles, les travailleurs indépendants doivent recourir à des assurances capitalisées. A noter que 82% des professions libérales possèdent de l'épargne longue (PEP, assurance-vie, contrats retraite) contre seulement 43,7% de l'ensemble des ménages.
Les personnes âgées de cinquante à soixante ans sont les plus exposées.Après une épargne réalisée durant la vie active, c'est dans cette tranche d'âge que le patrimoine financier est une fois et demie plus imortant que celui de la moyenne des ménages. Par conséquent, ces citoyens s'inquiète des effets de la crise sur leur épargne.
Les placements effectués en vue de la retraite sont clairement impactés.Tous les produits de placement sont réalisés afin de constituer possiblement une réserve financière pour la période de retraite. Les contrats investis pour partie en placements à risques (dans des contrats en unités de compte), soit 20% des encours d'assurance-vie, subiront des moins-values qui approcheront 57 milliards d'euros pour 2008. L'assurance-vie en euros en revanche constitue un placement plus sécuritaire et représente 80% des encours d'assurance-vie possédés par les foyers français. L'assurance-retraite entreprises ou particuliers (telles que PERP, retraite Madelin...) représentent 9% des encours d'assurance-vie.
L'épargne salariale serait nettement touchée.La grande majorité de l'épargne salariale (85,7%) étant investie en actions ou en fonds commun de placement à forte dominante actions, les moins-values pourraient atteindre 20,5 milliards d'euros fin 2008 (sur un encours global de 87,6 milliards). Bien sûr, ce sont les cadres les premiers concernés car 39% d'entre eux en possèdaient en 2004 (contre 16,7% de la population générale). Les encours de Perco seraient en revanche moins touchés car 40% des adhérents ont souhaité la désensibilisation de leur contrats aux actifs risqués à l'approche de la retraite.
Finalement, il ressort de ce climat économique tendu que les difficultés de financement des retraites ne trouveront de solutions que dans une augmentation des recette, laquelle passe nécessairement par une croissance économique redynamisée.